Survivre à une agression

La double peine des victimes d’agressions sexuelles

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En plus d’une agression qui peut laisser des séquelles psychologiques graves, les victimes risquent une double peine. En effet si une prise en charge psychologique est importante sur le court, moyen et long terme, une prise en charge médicale doit être prise immédiatement.

Lors d’une d’agression, l’agresseur prend rarement le temps de mettre un préservatif. Par conséquent il y a un risque de transmission d’IST/MST en plus d’un risque de grossesse non désirée.

C’est pour cela que les victimes doivent se manifester le plus tôt possible mais seulement 19% des victimes de violences ( psychologiques, agressions sexuelles et viol) déposent plainte. Les raisons sont nombreuses: peur de ne pas être cru, peur des représailles, emprise psychologique et force est de constater que la loi en France concernant les violences ne poussent pas les victimes à se sentir en confiance.

La législation sur les viols en France

La semaine dernière le conseil de l’Europe a rendu son rapport sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique. Dans ce rapport, la cour déplore que la définition des agressions sexuelles et du viol, en France, ne repose pas sur l’absence d’un consentement libre mais exige le recours à la violence, contrainte, menace ou surprise.

“La définition des agressions sexuelles et du viol en France ne repose pas sur l’absence d’un consentement libre mais exige le recours à la violence, contrainte, menace ou surprise”

Donc des viols non dénoncés

Sur ça, de gros efforts restent à faire car la législation est complètement à côté de la plaque et pas du tout en adéquation avec la réalité. La qualification d’un viol est loin d’être suffisante et première conséquence certaines femmes ne seront pas prise en charge après leur agression tout simplement car elle ne rentre pas dans le cadre de la définition du viol tel qu’il est définit ici. Les autres se tairont par crainte de ne pas être crue.

Difficile pour les victimes de viol de parler

Comme beaucoup d’agressions, la mienne avait été commise par un proche de ma famille. Après l’agression, ce dernier m’avait menacé de dire à nos familles qu’il s’agissait d’une relation consentante si je parlais. Pour éviter une double humiliation, je m’étais tue.

Il faut se mettre dans la tête d’une personne qui a été agressée. J’avais peur que personne ne me croit. J’étais dans une situation où j’allais devoir prouver que je n’étais pas consentante du tout et je ne savais pas comment faire. On se retrouve mal, seule, à se rabâcher et s’auto-flageller de s’être retrouvée dans cette situation à défaut de ne pouvoir blâmer le réel coupable.

La dernière chose à laquelle on pense à ce moment là c’est faire un test IST/MST ou un test de grossesse. Et évidemment, j’ai avoué mon agression plusieurs semaines plus tard face à l’infirmière de la PMI qui m’a annoncé ma grossesse.

C’est un des malheurs de notre société. En n’élevant pas le seuil de qualification du viol, les femmes n’osent pas parler et sont doublement en danger. En ne les croyant d’office, les femmes n’osent pas parler et sont doublement en danger.

“Il faut aider les victimes à se manifester pour minimiser les risques de grossesse et de contamination MST/IST”

Notre pays doit faire en sorte que les victimes d’agressions sexuelles se sentent dans une société où elles savent que leur agression sera traitée sérieusement et leur prise en charge immédiate. Il est important qu’elles (et ils d’ailleurs) se sentent assez en confiance pour dénoncer leur agression de suite et qu’une prise en charge médicale suive pour minimiser les risques de grossesse et de contamination MST/IST.

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