Le corps

Le chant des sirènes : Pourquoi les femmes crient ?

sirène

Mes 9 ans dans l’hôtellerie ont souvent été l’occasion de situations gênantes. Parmi lesquelles les cris de ces dames apparemment en très bonne compagnie.

On ne s’en rend pas forcément compte dans le feu de l’action mais nous, les femmes en particulier, pouvons être très bruyantes d’une manière souvent incontrôlée (mais pas toujours, nous allons le voir) et exagérée. Mais que disent les chercheurs à propos des “vocalisations copulatoires” ? … Je sais ! le terme est moche.

Le chant d’amour des primates

La vocalisation copulatoire, donc pendant le coït, est courant chez certaines femelles primates (donc nous y compris). S’il est la conséquence du plaisir pris pendant le rapport, il n’a à première vue, aucun but dans la reproduction … à part si, comme le cerf en rute qui brame, la chatte en chaleur qui miaule, il a pour objectif d’attirer des partenaires.

Photo by Raychan on Unsplash

Patricia C. Arrowood et William J. Hamilton ont étudié les vocalisations de plusieurs primates (babouins, gibbons et humains). Ils notent que les cris du babouins femelles sont beaucoup plus complexes et audibles à plus de 300 mètres. Contrairement aux chimpanzés et aux bonobos, les babouins vivent principalement au sol parmi d’autres prédateurs. Ces cris pendant le coït qui les mettent directement en danger doivent donc avoir une utilité pour la pérennité de l’espèce. Sinon l’évolution aurait supprimé cette habitude bruyante.

Le zoologue Alan F. Dixson, qui a étudié les primates, note que chez les espèces où un individu peut avoir plusieurs partenaires, ces chants sont plus complexes que chez les espèces monogames ou polygame (1 individus mâles pour plusieurs femelles).

Dans leur ouvrage « Sex at dawn » Christopher Ryan et Cacilda Jetha ajoutent « Il y a une bonne raison si le bruit d’une femme qui prend du plaisir sexuellement attire un homme hétérosexuel, cet appel est une éventuelle invitation».

Dans l’histoire animale, la multiplication des partenaires n’a d’autre but que d’avoir le meilleur matériel génétique pour la reproduction. Nous ne savons que peu de chose sur les relations qu’entretenaient nos ancêtres. Étaient-ils monogames ou avaient-ils plusieurs partenaires ?

Il est donc possible que nos cris soient un reste de comportement plus primitif hérité de nos ancêtres lointains et dont l’objectif serait d’attirer d’autres partenaires.

La cheerleader en nous

Mais il n’y a pas que ça. Il semble que nos vocalisations soient quelque fois utilisées plus sciemment.

Une étude de 2011, de l’école de psychologie de l’université de Central Lancashire suggère que les FCV (female copulatory vocalisations) ne sont pas la conséquence d’un orgasme de la femme mais qu’ils sont le plus souvent émis avant ou en même temps que l’éjaculation du partenaire (masculin)***. Parmi les femmes interrogées, la plupart témoigne avoir eu un orgasme avec une stimulation externe pendant les préliminaires. Dans l’étude, il semble clair que les couples sont sur le modèle traditionnel (préliminaires, coït, éjaculation qui sonne la fin du rapport)

Il semblerait donc que ces vocalisations soient une manière plus ou moins consciente de « motiver » le partenaire.

Les femmes ne sont pas les seules à utiliser les FCV pour influencer l’éjaculation.

Une étude plus ancienne sur les macaques avait amené à la même observation où l’éjaculation des mâles était liée à l’intensité et la rapidité des vocalisations de la femelle pendant le rapport.

Intéressant non ?

L’orgasme pendant la pénétration

Photo by Jared Sluyter on Unsplash

L’étude précédente est à prendre avec des pincettes. Encore une fois, la plupart des femmes interrogées disent avoir eu un orgasme en dehors de la pénétration. Cette étude laisse de côté celles en symbiose avec le partenaire dont les FCV traduisent un plaisir pendant le coït, sincère et proche de leur orgasme à elles.

*** Ces études ne prennent malheureusement en compte que les relations d’un coupe hétérosexuel. Je ne peux malheureusement pas m’exprimer pour les autres cas.

Sources:

  • Christopher Ryan & Cacilda Jetha, “Sex at dawn, the prehistoric origins of modern sexuality”
  • Hamilton, W.J., & Arrowood, P.C. (1978) “Copulatory vocalizations of chacma baboons (papio ursinus), gibbons (hylobated hoolock), and humans”
  • Brewer.G., Hendrie C.A., “Evidence to suggest that copulatory vocalizations in women are not Reflexive consequence of orgasm”
  • Dixson, A.F. (1998). “Primate sexuality: Comparative studies of the prosimians, monkeys, apes, and humans”
  • Cox,C.R., & LeBoeuf, B.J. (1977). “Female incitation of male competition: A mechanism in sexual selection”
  • Pfefferle,D.,

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