CoupleSociété

Les rencontres post covid

Il y a plus d’un an maintenant, le pays entier était confiné. Fini les bars, restaurants, les boîtes, ces lieux de rencontre et de fête où j’adorais passer du temps, découvrir de nouvelles têtes, de nouvelles mentalités et … de nouveaux amants. Force est de constater que la crise sanitaire a eu raison de ma vie sexuelle et elle continue. 

Les lieux de rencontre:

Depuis peu, et sous couvert d’avoir son petit pass sanitaire, nous avons pu retourner dans ces endroits de rencontre, de fête, d’interactions sociales. Enfin presque ! Il faudra revenir pour les interactions sociales. 

Faire des rencontres avec une épée de Damoclès sur la tête

Cette crise sanitaire et le traumatisme de voir notre vie réduite aussi vite, aussi violemment ont quelques petites conséquences. Je me souviens du vide des rues comme si toute la société retenait son souffle, les reportages alarmistes des médias, les décomptes morbides. La sortie du confinement n’a pas été évidente pour tous. Excessive pour certains ou craintive pour d’autres.

Des expériences perso qui en rajoutent une couche:

Dans mon cas, il faut également prendre en compte le fait que je travaillais au contrat tracing de l’assurance maladie. 

J’appelais donc du mercredi au dimanche les patients zéro ainsi que leur cas contacts.

La crise a laissé son quota de traumatisme

Je pense, avec peine, à mes appels à des personnes dont le parent venait de décéder, les appels aux parents d’enfant hospitalisé, des familles entières en quarantaine, malades et qui me parlaient de leurs douleurs physiques ET psychologiques.

J’avoue avoir cette peur viscérale de vivre la même expérience que ces individus. Je crains les regroupements, les personnes qui me parlent face à face sans masque, les objets touchés par des mains inconnues et les espaces réduits.

Sortie de crise COVID: Qu’en disent les experts


Les experts appellent cela agoraphobie (phobie des foules) ou nosophobie (phobie de contracter le virus ou encore hypocondrie (peur constante d’être malade), mysophobie (peur d’être en contact avec le virus) et plusieurs études ont déjà monté les conséquences mentales de la crise sanitaire et l’augmentation des phobies liées à la maladie ainsi que des troubles obsessionnels compulsifs. Et là il s’agit uniquement de se protéger soi !

Quant est-il de protéger les autres ?

Étant vaccinée, j’ai quand même la “très relative” paix d’esprit de savoir que j’ai peur de risque de contracter une forme grave. Mais ce type qui me plaît est-il vacciné ? Est-il à l’aise avec ma proximité ? 

Bref, pas mal de nouveaux paramètres à prendre en compte et qui donne finalement envie de s’asseoir et boire son coup tranquille avec les copines dont on connaît la zone de confort !

L’émergence des applis de rencontre:

Malgré le manque d’interaction, la vie trouve toujours un chemin et pour cela nous avons pu compter sur la tech. 

Les rencontres made in Tinder

Ainsi, pendant le confinement Tinder a vu l’activité de ses utilisations augmenté avec des records de swipes battus ( 29 milliards la journée du 29 mars 2020 : cf article « on se capte ou on se ghoste »). 

Facebook se met aux rencontres

Facebook avait-il senti le vent tourner ? Possible puisque le réseau social avait lancé en septembre 2020 (donc avant le début de la crise) Facebook dating ; une nouvelle tab disponible depuis l’application facebook dont la ressemblance avec Tinder rend l’utilisation naturelle pour les habitués (trop habitués !).

La différence étant que l’on peut voir les profils nous ayant déjà liké. Le produit est d’abord lancé en Amérique du Nord, Sud et dans certains pays d’Asie.

La sortie européenne était programmée pour la Saint-Valentin mais pour des raisons de contrôle RGPD, Facebook doit repousser la sortie de Facebook Rencontre. Il arrivera finalement en France courant mars 2020. 

La rencontre : Les affres du désaccord

C’est donc sur Facebook Rencontre que je fais la connaissance de Franck. Un trentenaire qui arrive tout juste dans la région et pour qui le confinement s’est mis en travers de sa bonne intégration dans la région. Il est mignon, intéressant et arrive à écrire une phrase sans faire une faute à chaque mot, rien de mieux pour m’allumer. 

Je finis par lui proposer d’échanger en face à face autour d’un verre … et là c’est le drame: 

“Un verre en terrasse ça sera compliqué, je ne suis pas vacciné” 

Je lui demande si c’est un choix ou s’il n’a pas eu la possibilité. Ce à quoi il répond que ce serait de la mauvaise foi de dire qu’il n’a pas eu la possibilité depuis le début de la campagne de vaccination (nous sommes en septembre 2021). Touché Franky !
Sentant le désaccord de fond, j’ironise en évoquant une éventuelle contre-indication médicale mais toujours pas. J’avoue avoir mis quelque temps avant de répondre. 

Le débat anti ou pro vax anime encore les passions et à juste titre. D’un côté des personnes soucieuses de ce qui leur est inoculé dans le corps ; de l’autre des personnes, me concernant tout aussi soucieuse mais plus en confiance par rapport à la science pour lesquelles la vaccination semble être la clé pour reprendre une vie. 

Bref ce qui relève d’un choix personnel devient un désaccord de fond qui peut sembler insurmontable parce que la crainte d’une nouvelle vague, d’un nouveau confinement plane sur nos têtes et dans nos esprits aussi pesant qu’une chanson d’Aya Nakamura.  

Bref, je suis pas prête de m’envoyer en l’air …

UPDATE : Franck et moi ça n’a pas marché mais pour d’autres raisons que la vaccination je vous rassure. 

Sources:

https://www.theverge.com/2019/9/5/20850307/facebook-dating-united-states-launch

https://www.troubles-obsessionnels-compulsifs.com/phobies-toc-apres-confinement/

Show me your love: Follow ou Like