Corps

L’histoire du soutien-gorge et corset

Histoire de nichons

Au mois de juillet 2019, je publiais un article sur le webmagazine the-instant.today (qui n’est malheureusement plus en ligne) à propos du soutien-gorge et de son ancêtre le corset. Érotique, pratique ce vêtement incontournable de la garde-robe féminine a pourtant une histoire et pas des moindres.

Le soutien-gorge: invention du communarde

Herminie Cadolle soutien-gorge
Herminie Cadolle, créatrice du soutien gorge

Le soutien-gorge voit le jour en 1889 lors de l’exposition universelle grâce à une femme : 

Herminie Cadolle, née Eugénie Sardon était une ouvrière corsetière française participant à la commune de Paris en 1880. Elle fera partie de l’union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés, mouvement se réclamant féministe. Emprisonnée quelques mois suite aux événements révolutionnaires, elle fuira Paris en 1887 pour Buenos Aires (Argentine). Elle fera ensuite fortune en ouvrant une boutique de lingerie. 

La naissance du soutien-gorge

De retour à Paris en 1889 pour l’exposition universelle. Elle y présente son invention : Le corselet-gorge. Pour libérer le corps des femmes, elle a donc l’idée de couper le corset juste au-dessous de la poitrine. 

Vous l’aurez compris, l’histoire du corset est indissociable de l’histoire du soutien-gorge. 

Le corset

Le corset, c’est ce sous-vêtement tout droit venu de l’enfer. Une espèce de ceinture de chasteté spécial poitrine ayant pour but de mettre en valeur :

  • les hanches
  • la poitrine

Le corset: un symbole sociétal

Dans son livre « Corset » Valerie Steele, conservatrice du Musée de la mode du Fashion Institute of technology à New York  nous explique que le corset avait également « des connotations positives » – de statut social, auto-discipline, talent artistique, respectabilité, beauté, jeunesse et sens érotique.

Le problème est que ces critères s’inscrivent dans le moule d’une société. Ils évoluent avec les mœurs et les modes de cette dite société. Mœurs et modes qui ne sont pas systématiquement en faveur de certains sexes ou certaines classes sociales.

L’origine du corset

Concernant la naissance du corset, elle est difficile à dater. « Il est souvent avancé que la corseterie commencerait dans le monde ancien – comme la Grèce antique ou la Crète minoenne ». Face à la profusion d’information erronée, je ne m’avancerai pas à donner de fausse information mais sa naissance daterait du 16ème siècle.

En 1998, Colleen Rudy Gau, ancienne infirmière, conduit des expériences dans laquelle les sujets devaient porter des reproductions de corset du 19ème siècle. « les médecins victoriens avaient raison à ce sujet. Le mouvement du diaphragme (le muscle le plus important de la respiration) est réellement empêché par les vêtements trop serré et donc réduit son efficacité … ».

Lors de cette même étude, Gau montre également grâce aux rayons X que les corsets serrés altèrent définitivement la position des côtes et, par conséquent, la position des organes internes.

Le soutien-gorge
Le modèle de corselet-gorge proposé par Herminie Cadolle. Schéma extrait de Le corset, histoire, médecine, hygiène. Étude historique (1905)

Le soutien-gorge nocif ?

En 1997 le professeur Jean-Denis Rouillon, médecin du sport au CHU de Besançon entame une étude sur les effets du non port du soutien-gorge. Les premiers résultats sont rassemblés en 2003 dans la thèse portant sur 30 femmes de Laetitia Pierrot dont le Dr Rouillon sera le directeur de thèse. Suivie d’une deuxième thèse en 2009, portant elle sur 50 femmes pendant 3 ans.

Les résultats ?

En tout, pendant 15 ans, le médecin a observé et mesuré les seins de plus de 300 femmes qui ont toutes décidées d’arrêter le soutien-gorge. Il enregistrait :

  • la distance entre les deux mamelons
  • la distance des mamelons à la base du cou
  • l’inclinaison de la poitrine.

Le résultat est sans appel. Pour toute, le sein se redresse, l’exemple le plus significatif étant pour une femme dont le sein est passé de -5 à 33°.

Le soutien-gorge : une institution à remettre en question.

Pour le docteur Rouillon la question de l’utilité du soutien-gorge peut être posé pour plusieurs raisons. Tout d’abord car, en comprimant le sein, il gênerait la bonne circulation. De plus les muscles au-dessus de la poitrine n’étant plus sollicités, deviendraient fainéant. Résultat, des seins avec une tendance à pointer vers le bas. 

Jean-Denis Rouillon dans 100% mag

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